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Eisernes Dreieck, T-Bone-Schlachten, Schlacht von Arrowhead

Vue aérienne du secteur du T-Bone, 1952 (SHD, 7U 294)

Janvier-avril 1952, juin-octobre 1952 et juin-juillet 1953

Le Triangle de Fer est une région qui doit son nom aux richesses minières que recèle son sous-sol. Elle est délimitée par les villes de Pyonggang (actuellement en Corée du Nord), de Chorwon et de Kumwha. Au cours de la guerre, le Bataillon français occupe, à plusieurs reprises, des positions sur la ligne principale de résistance. Les volontaires y livrent de nombreux combats, notamment dans le secteur du T-Bone ou pendant la bataille d'Arrowhead.

91 militaires sont décédés sur ces lieux

Combats du T-Bone

Le T-Bone est un massif montagneux dont la forme, en forme de T, évoque celle d'une côte de bœuf. Il est situé à l’ouest de Chorwon. Les positions occupées par les belligérants ne sont distantes que de quelques mètres seulement en certains endroits. Au cours de cette période, les combats prennent l’aspect d’une véritable guerre de tranchées où les abris, pendant la saison des pluies, n’offrent qu’un confort extrêmement précaire. Dans ce secteur du front, les conditions de vie des combattants sont très dures et ne sont pas sans rappeler celles de la Grande guerre.

Aux mois de juillet et août 1952, le Bataillon français participe à la défense de la ligne Jamestone sur la Ligne Principale de Résistance (LPR). Le secteur est constitué de pitons escarpés ; les positions installées à mi-pente bien que fort mal aménagées offrent de bons observatoires sur la plaine. Celle-ci forme un no man’s land peu favorable aux patrouilles et aux embuscades tant elle est soumise aux vues et tirs de l’ennemi. Par ailleurs, deux éperons montagneux se détachant perpendiculairement de la LPR ont permis au commandement allié d’implanter deux avant-postes, « Erié » et « Yoke ». Les Chinois occupent la quasi-totalité du massif du T-Bone et dominent les positions avancées du Bataillon. Du 15 au 29 juillet 1952 les troupes communistes tentent plusieurs attaques de nuit sur les avant-postes. Le 18 juillet, tout d’abord, les troupes chinoises attaquent les avant-postes nord et sud d’Erié à 22h30, bombardent les positions et engagent le combat à l’arme automatique et à la grenade dans les tranchées no man’s land, autour des avant-postes. Le Bataillon français riposte en bombardant la base de départ de l’attaque, la cote 200. Les assaillants abandonnent le terrain au milieu de la nuit et se retirent en couvrant leur retraite par des tirs de mortiers et d’armes automatiques. La période du 29 juillet au 19 août est marquée par un changement de tactique : les troupes sino-coréennes n’attaquent plus directement le Bataillon de manière frontale, mais accroissent leur bombardement sur les avant-postes et la ligne principale de résistance. Les volontaires français sont particulièrement exposés et vulnérables lors des patrouilles et des travaux de remise en état des positions. Entre le 17 juillet et le 19 août 1952, le Bataillon compte 21 morts et 70 blessés. Comme le souligne son Rapport d’opérations pour la période concernée : « Le Bataillon français a du faire un gros effort pour s’adapter à un genre de guerre nouveau pour lui, mais il a su retrouver et appliquer rapidement les principes et les méthodes de la guerre des tranchées, ce qui lui a valu d’être cité en exemple aux unités de la division par le Général Fry commandant la 2e Division d’Infanterie US. »

Bataille d'Arrowhead


Depuis le mois de juillet 1952, le front est stabilisé. La ligne principale de résistance est toujours la ligne Jamestone, couverte par les mêmes avant-postes. Pourtant, à partir de la fin du mois d’août, avec la fin de la saison des pluies, l’activité développée par les Sino-Coréens tend à s’intensifier sur la ligne de contacts, ce qui se traduit par de nombreuses attaques de points d’appui tenus par les troupes de la coalition. À partir du 3 octobre 1952, le Bataillon est en charge du secteur clé de la cote 281 dite Arrowhead, en raison de sa forme. La colline White Horse, quant à elle située à quelques centaines de mètres, est occupée par les Sud-Coréens qui, devant la menace d’une attaque imminente des Chinois, ont été renforcés par des éléments américains. Ces deux positions avancées commandent la vallée de Chorwon, route traditionnelle d’invasion vers Séoul. L’attaque chinoise a pour but de rompre le front de la VIIIe Armée et, si possible, d’exploiter la rupture en direction de Séoul. La prise seule de White Horse et de Arrowhead, permettrait, au mieux de faire reculer les forces de l’ONU plus au sud et de s’assurer des positions avantageuses pour une offensive future. L’objectif de l’offensive est White Horse mais, afin d’empêcher la 2e Division d’infanterie de porter assistance aux hommes de la 9e division sud-coréenne qui tiennent la position, une attaque de diversion est lancée, au même moment, sur Arrowhead. L’insuffisance des défenses naturelles et les caractéristiques physiques de l’endroit ont imposé de renforcer la ligne principale de résistance. Des bunkers protégés par des sacs à terre sont construits sur les crêtes, reliées entre elles par des tranchées peu profondes, étant donné la dureté du sol. Pendant cette action, les Chinois ont réussi à rassembler une centaine de pièces d’artillerie. Le 6 octobre 1952, l’assaut, précédé par le tir de 8 000 obus qui tombent sur la seule cote 281, est extrêmement violent. Au moins 8 compagnies chinoises sont engagées sur le secteur de front entre les cotes 281 et 395. Les volontaires français sont forcés de reculer mais parviennent à maintenir l’intégrité de la ligne principale de résistance et repoussent les assauts chinois, qui se heurtent également aux effets de l’artillerie américaine. L’attaque chinoise est finalement brisée :« Nulle part l’ennemi n’arrive à entamer la ligne principale de résistance. Il a subi des pertes terribles. On rapporte que le 339e Régiment d’Infanterie des Forces Communistes Chinoises, qui devait en principe occuper la cote 281, est pratiquement anéanti. 600 cadavres gisent sur le terrain devant la cote 281 seulement … Les pertes totales de l’ennemi dans cette seule action, sont estimées, sur le front du Bataillon français, à 2 000 au minimum » ([Compte-rendu d’] opération du BF/ONU du 1er décembre 1952). Le BF/ONU déplore de son côté 47 morts et 144 blessés. Il reçoit une quatrième citation à l’ordre de l’Armée, une première citation présidentielle coréenne, et une proposition pour une quatrième citation présidentielle américaine. La section des « Pionniers Commandos » qui tenait la cote 281 est citée une deuxième fois à l’ordre de l’Armée.


Lieux de décès concernés

  • Chorwon / 9e collecting Hospital / Chip-O-Ri / Hagasan / Inmong Myon / Nadae-Ri / Song Chong Dong / Tumyong/ Pandagoa / Mobile Army Surgical Hospital (Mash) 8050
  • Kumwha / Pajae / Mobile Army Surgical Hospital (Mash) 8063 / Mangon / Hat-O-Dong / 11e Hospital ESM


Arrowhead. Les positions françaises (cote 281) sont reliées à l’arrière par un pont de bateau, cible des bombardements chinois, octobre 1952. (ECPAD, F53-201 L9) En déc. 1950, le BF/ONU est intégré au 23e RI US appartenant à la 2e DI. Pendant toute la guerre, le BF/ONU reçoit ses missions des Américains. Ici, debout, le LCL Borreil commandant le BF, et son adjoint le CBA de Sèze, janv. 1952 (ECPAD, D54-14-375) Plan du dispositif allié à Arrowhead et White Horse, octobre 1952 (ECPAD, D54-08-243)